Faut-il mettre toute son épargne dans son projet immobilier ?

Vous envisagez peut-être un projet immobilier dans les semaines ou les mois qui viennent. Quelle proportion investir et combien d'épargne garder de côté ? Eléments de réponse.

Allez, c’est parti. Vous avez trouvé l'appartement de vos rêves, et demain, vous videz votre assurance-vie, votre livret bleu et tous vos comptes d'épargne pour vous pointer le plus beau possible devant le banquier. Pas vraiment non. Un investissement immobilier, ce n’est pas du poker version tête brûlée. Hors de question de faire tapis pour acheter un logement… Le but, c’est de gagner à tous les coups. Alors comment savoir s’il vaut mieux mettre son argent dans son appartement ou garder ses sous au chaud ? 

L'épargne de précaution dépend de la situation de chacun
Rappelez-vous la fable de La Fontaine. Vous savez celle qui parle de cette fourmi qui "se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue". Acheter un appartement n'est pas tout. Il faut encore être capable de pallier les dépenses imprévues, comme une envolée du prix du gaz et de l'électricité, une façade à ravaler ou l'aide d'un proche malade… C'est dans cette épargne de précaution que vous viendrez piocher l'argent en cas de besoin. Votre banque personnelle, en quelque sorte (mais sans les intérêts). 

Pour le montant, il varie selon votre situation professionnelle, familiale et votre aversion au risque. Si vous êtes salarié, sans enfant à charge et d'un naturel raisonnable (au moins financièrement), trois mois de revenus en épargne de précaution peuvent suffire. Si vous êtes travailleur indépendant, avec deux enfants et la crainte de vous retrouver en rade au beau milieu du mois de juin, alors un matelas de 6 (voire 12) mois de revenus sera plus approprié. 

Faites les bons calculs
Si le comportement de la cigale n'est pas précisément celui qu'il faut adopter quand on achète un appartement, celui de la fourmi a aussi ses défauts. Conserver ses économies, c'est bien, mais il ne faut pas avoir peur d'en débloquer pour gonfler son apport. Si vous avez besoin de taper dans votre épargne pour réunir les 10% d'apport minimum nécessaires, allez-y ! Acheter son logement, c'est une autre façon d'épargner, en arrêtant de voir son argent disparaître tous les mois. 


Pour les plus chanceux, la question n'est pas de savoir comment rassembler 10% d'apport, mais plutôt "faut-il en mettre plus ?". Avec des taux encore (relativement) bas, la réponse est tout simplement non. Il est plus rentable de conserver cette épargne (qui fructifie, si elle est bien placée) et d'emprunter plus. Le principe est simple : les intérêts de votre épargne s'accumulent au fil des ans, tandis que l'intérêt de votre emprunt est sur le capital restant dû, qui diminue chaque mois. 

Oubliez le comportement de la cigale. Enfin, pas tout à fait. Parce qu'une fois l'épargne de précaution constituée et l'achat immobilier validé par le banquier, vous pourrez chanter et danser tout l'été dans votre nouveau nid douillet. 

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