Assurance vie ou PER, quel est le meilleur produit d’épargne pour votre retraite ?

Le plan d’épargne retraite recèle de nombreux avantages. Mais cette enveloppe doit-elle être préférée à l’assurance vie pour préparer la fin de sa vie active ? 

Assurance vie ou PER, quel est le meilleur produit d’épargne pour votre retraite ?

C’est le produit d’épargne à la mode. Le plan d’épargne retraite (PER), lancé en octobre 2019, affole les compteurs. À fin juin 2022, pas moins de 70 milliards d’euros avaient été placés dans cette enveloppe, un pactole réparti entre un peu plus de six millions de souscripteurs. Deux fois plus que l’objectif initial fixé par Bercy pour fin 2022. Et ce succès, le PER ne le doit pas à la seule communication - massive - du gouvernement sur ce produit. Les raisons de ce “carton” sont surtout à chercher du côté des avantages qu’offre le plan d’épargne retraite. Car s’il reste un produit “tunnel”, sur lequel les capitaux sont bloqués jusqu’au départ à la retraite - sauf cas de figure exceptionnels -, il se montre bien plus souple que ses prédécesseurs.


“Le plan d’épargne retraite rencontre un grand succès, en partie parce que les sommes sont disponibles une fois que vous avez pris votre retraite”, explique Gilles Belloir, directeur général de placement-direct.fr, un courtier en ligne spécialisé dans l’épargne retraite (assurance vie, PER). Un déblocage - intégral - en capital qui était tout simplement impossible avec ses prédécesseurs, comme le Perp ou le Madelin, des contrats sur lesquels “la sortie en rente viagère était un repoussoir”, poursuit le premier invité du “Grand rendez-vous de l’épargne” (Capital / Radio Patrimoine). Conséquence : les transferts d’anciens contrats retraite sont légion. Ils représentent en effet près de 80% de l’encours total des PER. “Beaucoup de nos clients avaient de vieux produits : un vieux Perp, un vieil article 83 (...). Ils les ont transférés sur notre PER et y versent désormais chaque année”, confirme Edouard Petitdidier, associé-fondateur du Family Office Allure Finance et second invité de l’émission.


Une fiscalité optimisée
La flexibilité du PER, qui permet en outre un déblocage anticipé pour l’achat de la résidence principale, n’est pas la seule raison de son succès. Comment, en effet, ne pas évoquer la fiscalité sur ce produit, avantageuse à bien des égards ! “Les sommes versées sur votre PER sont déduites de vos revenus imposables, ce qui génère une réduction d’impôt égale au produit du montant que vous versez par votre taux marginal d’imposition”, détaille Gilles Belloir. Un atout qui permet par ailleurs d’optimiser, chaque année, son imposition en ajustant ses versements selon le taux d’imposition du souscripteur : “On regarde le taux d’imposition du client et, en fonction de cette tranche, on décide avec lui combien il peut mettre dans son PER”, apprécie Edouard Petitdidier. Et, cerise sur le gâteau, même si l’impôt sur le revenu doit être payé à la sortie (à la retraite), le détenteur du plan profite à plein d’un effet de levier gratuit. “Un client imposé à 41% qui place 100 euros dans son PER n’y met en réalité que 59 euros. Jusqu’à sa retraite, il va profiter d’un effet de levier incroyable (sur le solde de 41 euros qui produit des intérêts, ndlr)”, donne en exemple le spécialiste.

Pas de quoi ringardiser pour autant l’assurance vie, qui reste, selon Edouard Petitdidier, “un support exceptionnel, tant en termes de fiscalité que de droits de succession”.

Des performances au rendez-vous en 2021
Impossible, évidemment, de juger de l’intérêt d’un placement sans aborder sa performance. Là encore, tous les voyants sont au vert pour le PER. Et ce, pour plusieurs raisons, parmi lesquelles des frais au plancher, selon Gilles Belloir. “Sur les anciennes générations de contrats retraite, on trouvait facilement des frais de versements de l’ordre de 5%. Aujourd’hui, on peut dire que cela n’existe plus, ou quasiment plus, sur le marché”, se réjouit-il.

Ajoutez à ces frais minorés des marchés porteurs l’an passé, et vous obtenez un excellent millésime 2021. C’est d’ailleurs l’objet de notre “reportage”, dans lequel Ludovic Herschlikovitz, fondateur de retraite.com, présente les performances des gestions pilotées à horizon - le mode de gestion par défaut sur un PER. Comme vous le verrez dans cette séquence, les meilleures d’entre elles ont dépassé 20% l’an passé, sur les plans d’épargne retraite comme en assurance vie. Retournement des marchés oblige, l’exercice 2022 sera, lui, bien moins réjouissant pour ces deux enveloppes… A l’inverse, le Private Equity (non coté) et les produits structurés devraient permettre à certains épargnants moins averses au risque de tirer leur épingle du jeu et de “ne pas trop perdre en 2022”, espère Edouard Petitdidier.


Des avantages à la succession, aussi
Dernier élément abordé par nos invités : la succession. “La fiscalité semble moins intéressante sur un PER”, avance Gilles Belloir, le régime d’abattements en place étant à l’évidence moins favorable. Mais il rappelle qu’en cas de décès, le conjoint survivant profite d’une fiscalité imbattable puisque les capitaux placés - et donc exonérés d’impôt lors des versements - ne seront jamais fiscalisés, la succession entre conjoints n’étant pas taxée. “A ce titre, le PER est extrêmement efficace pour la protection du conjoint survivant”, glisse le directeur général de placement-direct.fr.

Charge à vous, donc, de prendre l’intégralité de ces critères en compte pour faire les bons choix et financer sereinement votre retraite. Et ne vous fiez surtout pas à votre seul taux d’imposition, insiste Edouard Petitdidier : “Vous n’avez peut-être pas une grosse somme à bloquer chaque année sur votre plan. Attention, car il faut garder assez d’argent pour vivre”, prévient-il. Sur un PER, vous ne devez investir que ce dont vous n’avez pas besoin dans l’immédiat. Et si la disponibilité de votre épargne est une priorité, c’est l’assurance vie qu’il faut plébisciter.


Le “Coup de cœur/coup de gueule” de Pierre Sabatier
Comme chaque mois, l’économiste Pierre Sabatier attribue ses bons et ses mauvais points dans la rubrique “Coup de cœur/coup de gueule”. Le président-fondateur du cabinet PrimeView salue tout d’abord la “résilience épatante de nos entreprises”, malgré le contexte dégradé auquel elles sont confrontées. Si la prudence reste de mise, notre chroniqueur apprécie que leurs récentes publications de résultats répondent aux attentes des analystes. Des attentes, de surcroît, extrêmement élevées. Dans ces conditions, la sélectivité est plus que jamais de mise, rappelle-t-il.

Le coup de gueule revient quant à lui aux actions chinoises, dont la descente aux enfers ne semble jamais vouloir s’arrêter. Jugez par vous-même : “-32% depuis le début de l’année, -62% depuis février 2021”, déplore Pierre Sabatier, pour qui “le presque alter ego de l’économie américaine n’est pas encore assez crédible pour les investisseurs en actions”.

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Source : www.capital.fr
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