5 manières d’investir pour compenser l’inflation sans perdre d’argent

L’inflation très élevée augmente le coût de la vie et surpasse les taux d’intérêts des principaux produits d’épargne.
Pour s’en sortir, faites travailler votre argent à long terme en contractant des assurances-vie, des plans d’épargne-retraite ou de l’immobilier.
544 milliards d’euros. La Banque de France estime qu’il s’agit de la somme qui dort sur les comptes courants des Français. En moyenne, d’après des chiffres recueillis au troisième trimestre 2022, chaque ménage y ont déposé près de 18 500 euros. Un succès qui ne se dément pas : les Français ont économisé plus de 150 milliards d’euros depuis le début de la pandémie du COVID-19. Les comptes courants ont récolté la plupart de ces fruits.

Problème, ces comptes ne rapportent rien. Or, l'inflation enregistrée en septembre à 5,6 % sur un an ronge votre pouvoir d'achat. En d’autres termes, un placement rapportant moins que l'inflation devient une opération négative. Emmanuel Bourriez, directeur général de Predictis, courtier en assurance-vie et épargne, regrette que les Français appréhendent mal les effets de l’inflation, disparus depuis presque 40 ans : "Nous avons oublié ce que signifie une forte inflation. Les prix augmentent, mais les épargnants ne le matérialisent pas. L’inflation fait bondir le prix de l’argent, on ne peut pas laisser autant de liquidité sur son compte courant." Frédéric Rollin, Conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet Asset Management, ajoute que la plupart des investissements à court terme fait désormais perdre de l’argent. "Si vous investissez sur des produits monétaires ou fonds généraux d’assurance, vous êtes sûrs que l’épargne vous fera perdre du pouvoir d’achat, mais vous garderez votre capital. Si vous investissez sur des actifs rémunérateurs, ils pourront souffrir de la remontée des taux d’intérêts, orchestrée par les banques centrales, qui fait mécaniquement baisser le prix des actifs. Aucun choix n’est vraiment réjouissant."

Au risque de vous décevoir, il n’existe pas de placement miracle. Les deux spécialistes insistent sur l’idée que les placements correspondent à un projet de vie. "Chacun doit déterminer ses besoins immédiats et à long terme, souhaits et utilités. Il faut toujours garder des liquidités pour faire face à un coup dur ou prévoir des projets de voyage nécessitant de l’argent disponibles", complète Emmanuel Bourriez. En l’occurrence, seuls les placements à long terme peuvent nous aider à faire face à l’inflation. Voici cinq idées pour investir sans se faire pénaliser par le bon spectaculaire des prix.

Investissements à risque : attention à ne pas faire n'importe quoi avec votre épargne
Investir en temps d’inflation : l’assurance-vie aux nombreuses cartes
D’abord, l’assurance-vie reste un placement à sérieusement considérer. Exonéré d’impôts après 8 ans, à la gestion facile et aux placements nombreux, ce couteau suisse de l’épargne permet de se constituer un petit capital sur du long terme. Si les fonds en euros ne proposent pas de taux très attractifs, les unités de compte servent à acheter des actions, des obligations diverses, des parts de SCPI ou d’autres valeurs mobilières. Autant de placements qui peuvent compenser l’inflation. Emmanuel Bourriez conseille de placer vos unités de compte sous mandat : "Un gestionnaire sécurise vos placements en permanence et les modifie en fonction de la conjoncture qui peut être parfois très fluctuante". Le courtier aime beaucoup ce placement amovible aux frais de gestions limités : "Vous pouvez modifier la manière de gérer votre assurance-vie et les fonds alloués quand vous voulez". Ce contrat ne pose aucune limite d’argent et vous pouvez posséder un nombre infini de contrats. Notez encore que le capital que vous déposez sur les fonds en euro reste toujours retirable, quelques mois ou plusieurs années après la souscription, quelles que soient les sommes.

Dans le même style d’investissement, pensez au plan d’épargne-retraite : ses rendements de long terme protègent de l’inflation. "Il s’agit d’un bon moyen de se constituer un revenu complémentaire. Plus tôt vous l’ouvrez, mieux c’est, peu importe si vous commencez avec de faibles sommes", encourage Emmanuel Bourriez.


Investir en temps d’inflation : immobilier et SCPI
Pour se loger ou investir, l’immobilier reste une carte fondamentale pour faire fructifier son capital. Les prix continuent à croître et des dispositifs de l’État peuvent vous aider à acheter votre résidence principale (le prêt action logement par exemple) et même pour louer (Pinel pour du neuf ou Denormandie dans l’ancien). Ces placements immobiliers dépendent moins de l’inflation : les loyers peuvent être ajustés à la hausse en fonction de la hausse des prix, grâce à l’indice de référence des loyers (IRL). Attention, cet achat immobilier n’a rien d’anodin. Il mobilise généralement la totalité de vos économies et requiert un prêt bancaire souvent important. Or, avec l’inflation galopante, les taux des prêts bancaires remontent en flèche. Les taux moyens pour un prêt sur 20 ans tournent autour de 1,83 %. Notez également que les banques refusent un peu moins d’un dossier de prêt sur deux depuis le premier janvier (pour manque d’apport notamment).

Moins onéreuse, les sociétés civiles immobilières (SCI) ou de placement immobilier (SCPI) peuvent être une solution de compromis. Elles font office de produit d’épargne à part entière : préparation de la retraite, revenus complémentaires, épargne de précaution ou diversification du patrimoine. Il s’agit d’acheter à la découpe des immeubles pour du commerce, des bureaux ou des appartements résidentiels loués par des particuliers. En 2021, le rendement moyen des SCPI s’élevait à 4,5 %. Pour quelques centaines d’euros, vous pouvez acheter une part d’un immeuble sans vous préoccuper des diverses contraintes de gestion administrées par la société. Un placement qui laisse Emmanuel Bourriez dubitatif : "Si tous les porteurs du projet veulent sortir en même temps, vous aurez des tensions et ils ne pourront pas récupérer leurs liquidités. Les rendements commencent à baisser et restent en dessous de l’inflation. Il faut se renseigner sérieusement sur la SCPI visée."

Livret d'épargne populaire : un placement méconnu, plus avantageux que le Livret A
Investir en temps d’inflation : livrets bancaires au rendez-vous
Les investisseurs les avaient négligés. Il faut dire que le Livret A ne rapportait même plus 1 %. Mais à moyen terme, si vous avez des projets d’achat de voiture, de travaux peu coûteux, de voyages, ils redeviennent intéressants. Certaines banques en profitent : la HSBC propose par exemple un taux de 3,5 % pour tous les nouveaux versements effectués jusqu'au 30 novembre et dans la limite de 100 000 euros. Ce taux repassera ensuite à 0,1 % dès le 15 décembre. De son côté, le Livret A offre désormais 2 % d’intérêt et pourrait accrocher les 3 % en 2023. Mieux, si vous gagnez en dessous de 20 297 euros (pour une personne seule) ou 31 137 euros (pour un couple), intéressez-vous au livret d'épargne populaire (LEP). Il s’agit d’un livret garanti, liquide (aux fonds toujours immédiatement disponibles), défiscalisé dédié à inciter les ménages aux faibles revenus à épargner. Il génère actuellement un rendement de 4,6 % par an. Son calcul, directement lié à la hausse des prix, pourrait encore lui accorder quelques points de pourcentage (le cabinet Pair Conseil prévoit un rendement à 6 % dès février 2023).

Livret d'épargne populaire : un placement qui peut rapporter
Investir en temps d’inflation : les fonds structurés, toujours gagnants
Le jargon financier nous laisse parfois songeurs. Les fonds structurés représentent pourtant un bon moyen d’investir aujourd’hui. Il s’agit de produits financiers combinant plusieurs actifs : actions, indices boursiers, titres, etc. L’avantage de ces supports : ils offrent une protection totale ou partielle du capital investi. Vous en connaissez la durée de vie (ou maturité), la performance et la capacité de protection de votre capital contre la baisse du marché à l’avance. Avec la remontée des taux et l'agitation sur les marchés, les produits structurés bénéficient d'un environnement porteur. "Certains produits disposent de garanties élevées et de coupons intéressants. Vous pouvez rappeler vos produits avant le terme si les conditions sont garanties. L’argent travaille, offre des dividendes chaque trimestre et vous récupérerez votre capital au terme du contrat. Les tickets d’entrée démarrent dès 1000 €", observe Emmanuel Bourriez. Notez que ces fonds structurés peuvent faire l’objet d’un volet de votre contrat d’assurance-vie.

Vous pouvez toujours directement miser en bourse. Frédéric Rollin rappelle que les actifs des actions nous protègent contre l’inflation : "Les profits des entreprises grimpent avec les prix et elles vendent plus cher." Préférez celles qui distribuent davantage de dividendes et dont les valorisations restent basses. Mais attention, il s’agit d’un investissement sur du très long terme et que vous ne pourrez pas vendre dès que vous n’aurez pas récupéré votre mise. L’opération demeure davantage risquée, surtout avec un taux d’inflation aussi élevé : elle augmente le coût de financement des entreprises cotées et réduit leurs marges. Si vous investissez dans un fond structuré par un panier d’action, vous pourrez encaisser la chute de l’une d’entre elle puisqu’elle ne constitue pas la totalité de votre capital.

Investir en temps d’inflation : diversifier les placements et investir progressivement
Inflation ou pas, l’objectif de l’investissement reste le même : diversifier vos placements et déposer progressivement votre argent. Emmanuel Bourriez préconise par exemple de laisser la moitié de votre mise dans des fonds structurés administrés en gestion de mandat, un tiers en assurance-vie composée majoritairement d’unités de compte et le reste en valeurs immobilières (SCPI par exemple). Laissez travailler vos mises et ne craignez pas baisses plus ou moins durables. Les professionnels du placement aiment rappeler leur adage : "C'est dans les baisses de marché que se construisent les performances futures".

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Source : www.tf1info.fr
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