Comment baisser vos impôts ?

Que ce soit avec un contrat d’assurance vie ou un plan d’épargne en actions, placer ses économies sur ces enveloppes fiscales octroie une exonération, partielle ou totale, d’impôt sur les plus-values réalisées. La condition : anticiper et investir progressivement.

Eviter l’impôt sur l’épargne n’est pas aussi difficile qu’on le croit. Il suffit de mettre à profit la flopée d’enveloppes fiscales existantes. Ouvrez au moins un plan d’épargne en actions (PEA) et une assurance vie multi­support, même si vous n’y logez que 500 euros au départ. L’essentiel est de prendre date : dans le premier cas, vos plus-values à venir seront exonérées après cinq ans et, dans le second, l’ensemble de vos gains (issus de la Bourse, de l’immobilier ou du fonds en euros sans risque) pourront échapper au fisc après huit ans.

Assurance vie multisupport
Une oasis fiscale après huit ans pour les plus-values et intérêts. Avec les contrats dits «multisupports», aujourd’hui majoritaires sur le marché, on peut investir sur un fonds en euros sécu­risé, dont le rendement excède largement 1,50% l’an pour les meilleurs, mais aussi dans l’immobilier, à travers des SCPI, ou en Bourse, via des fonds en actions et obligations couvrant toutes les régions du monde (Europe, Etats-Unis, Asie…). Le tout en franchise fiscale à hauteur de 4 200 euros de gains retirés par an (9 200 euros pour un couple), à condition de rester investi au moins huit ans.

PEA
Pour faire fructifier, à l’abri du fisc, des actions et des fonds en actions de la zone Europe. Actions d’entreprises de la zone Europe et fonds investis au moins à 75% en actions européennes : voilà ce que vous pouvez loger dans un plan d’épargne en actions. Avec un gros avantage fiscal, puisque les dividendes et les plus-values seront exonérés d’impôts au bout de cinq ans de détention (seuls seront dus les 17,2% de prélèvements sociaux).

A noter que la loi Pacte de 2019 a gommé les rigi­dités du PEA : après cinq ans, il est désormais possible d’effectuer des retraits d’argent sans clôture du plan, en gardant le droit de faire d’autres versements ensuite (les retraits n’étaient autorisés auparavant qu’à partir de huit ans, et tout nouveau dépôt était interdit).

Côté fiscalité, enfin, sachez que, depuis 2019, les retraits effectués avant la fin de la cinquième année ne sont plus taxés qu’à 30%, prélèvements sociaux inclus (contre de 36,2 à 39,7% auparavant, selon les cas).

PEA-PME
Avec cette enveloppe de titres de petites entreprises, pas d’impôts après cinq ans. Petit frère du PEA, le PEA-PME est destiné à contribuer au financement des petites et moyennes entreprises, ainsi que des entreprises de taille intermédiaire (ETI). Vous pouvez donc uniquement y loger les titres émis par des PME ou des ETI européennes, ou encore des parts de fonds investis au moins à 75% dans ce type de valeurs. En contrepartie, vous bénéficiez d’une fiscalité très avantageuse, identique à celle du PEA : les gains accumulés sont exonérés d’impôts après cinq ans.

S’agissant du plafond de versements, la loi Pacte de 2019 a apporté des améliorations, en permettant de placer jusqu’à 225 000 euros sur un PEA-PME (au lieu de 75 000 euros), après soustraction toutefois des sommes investies sur le PEA. Si vous avez versé 100 000 euros sur votre PEA, vous pourrez donc déposer 125 000 euros sur votre PEA-PME. Notez que la loi Pacte a aussi autorisé à y loger les titres obligataires de PME acquis via des sites de financement participatif.

PEE
Si votre employeur en a ­ouvert un, placez-y sans hésiter une partie de vos économies. Le plan d’épargne entreprise (PEE) ne doit pas être négligé par les amateurs de placements boursiers : il permet d’accéder à une palette de fonds composée de 10 à 80% d’actions internationales, et à des actions de l’entreprise dans laquelle on travaille si elle est cotée en Bourse.

En outre, les versements effectués sur le plan sont le plus souvent complétés par une prime spéciale de l’employeur (limitée à trois fois les montants annuels placés par le salarié et, pour 2021, à 3 290 euros ou à 5 923 euros en cas d’investissement en actions de son entreprise). Sauf événements exceptionnels (mariage, divorce, décès du conjoint…), l’épargne investie est bloquée au moins cinq ans. Mais les plus-­values et dividendes encaissés échappent ensuite à l’impôt, et ne sont assujettis qu’aux 17,2% de taxes sociales.

Plan d’épargne retraite
Des dizaines de fonds disponibles, et un gros avantage fiscal à l’entrée. Certes, le nouveau plan d’épargne retraite (PER), créé fin 2019, a pour unique objectif de vous aider à constituer un pécule qui fera office de complément de retraite, les capitaux placés n’étant disponibles – sauf accidents de la vie (invalidité, fin de droits au chômage, surendettement…) ou acquisition de votre résidence principale – qu’à l’heure où vous quitterez la vie active.

Mais comme pour l’assurance vie multisupport, vous avez la possibilité d’investir vos économies sur un fonds en euros sans risque et sur des dizaines d’autres supports plus dynamiques, notamment des fonds en actions axés sur la plupart des grands pays industrialisés et émergents. Cela avec un bel atout fiscal, puisque les versements sont déductibles de votre revenu imposable. Très appréciable si vous êtes lourdement imposé : en étant assujetti à la tranche de 30%, un versement de 5 000 euros sur un PER vous procurera dès l’année suivante une économie d’impôts de 1 500 euros.

Tous les produits cotés en Bourse sont, hors enveloppes fiscales (assurance vie, PEA, PEE…), soumis à l’impôt et aux prélèvements sociaux. Mais le fisc marque une nette différence entre les revenus obtenus de ces placements et les plus-values encaissées au -moment de leur revente.

Plus-values d’actions : Elles sont soumises au prélèvement forfaitaire unique de 30% (12,8% d’impôts + 17,2% de prélèvements sociaux), avec la possibilité d’opter pour l’imposition sur le revenu à la place de la taxe de 12,8%. Si cette option est retenue par le contribuable, les titres achetés avant le 1er janvier 2018 ouvrent droit à un abattement fiscal égal à 50% entre deux et huit ans de détention, et à 65% au-delà de huit ans (ces abattements ne s’appliquent pas sur les fonds dont la part d’actions détenues est inférieure à 75%).

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Source : www.capital.fr
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