Immobilier. La rive gauche de Rouen, le nouvel eldorado des propriétaires ? | 76actu

Immobilier. La rive gauche de Rouen, le nouvel eldorado des propriétaires ?Éco-quartier Flaubert, nouvelle gare ferroviaire, arrivée de Primark... "Tous les feux sont au vert" pour attirer les investisseurs et particuliers, sur la rive gauche de Rouen.Les prix de l’immobilier ne cessent d’augmenter à Rouen, sur la rive droite comme sur la rive gauche. (©Manon Leterq / 76actu)Depuis quelques années, les professionnels de l’immobilier observent un intérêt réel et croissant des investisseurs pour les biens situés sur la rive gauche, à Rouen (Seine-Maritime). Et pour cause : prix attractifs pour de grandes surfaces, commerces de proximité, aménagement d’une nouvelle gare ferroviaire et de l’éco-quartier Flaubert, le campus universitaire du Madrillet ou encore installation de nouvelles enseignes comme Primark au centre commercial de Saint-Sever, de multiples projets ont été annoncés pour ces prochaines années, dans le secteur.  Lire aussi : 4800 m², plus de 200 emplois prévus… Ce que l’on sait du projet de Primark à RouenDes biens plus grands et moins chersDepuis la fin du confinement, les demandes d’achats ne cessent de se multiplier au cabinet immobilier & de syndic Bihl, sur la rive gauche de Rouen, qui gère près de 7000 lots de copropriété répartis sur 300 immeubles dans Rouen et son agglomération. Le confinement — qui a incité des particuliers à mûrir leurs projets — y a pour beaucoup contribué. Mais pas seulement. Car cette rive populaire — et parfois décriée — présente des résidences récentes, des biens plus grands aux prix attractifs, assure Julie Thierry, responsable du service transaction à l’agence :  Les logements sont moins énergivores dans les constructions récentes, avec des normes phoniques d’isolation beaucoup plus satisfaisantes que sur de l’ancien dans l’hyper-centre de la rive droite. On attire une clientèle qui recherche une plus grande surface pour des prix plus attractifs. Un appartement T2 dans une résidence récente, avec un parking sécurisé, complété d’un balcon ou d’un jardin, atteindrait un prix de marché de l’ordre de 80 000 à 85 000 euros, « alors qu’il serait affiché 140 000 euros sur la rive droite ». Le prix du mètre carré sur la rive gauche tourne aujourd’hui aux alentours de 2 000 euros. Et c’est sans compter sur la proximité avec la rive droite, la nouvelle ligne T4 qui a permis de relier les deux rives et la proximité avec les infrastructures routières, comme la Sud III. « On a aussi une vie de quartier, le centre commercial Saint-Sever et des commerces de proximité. Sur les secteurs Saint-Julien et Jardin des plantes, on retrouve une vie commerçante agréable. Il y a de vrais petits villages ! », complète la professionnelle. Lire aussi : À Rouen, la promenade des quais rive-gauche remporte le « Grand prix national du paysage »« Les feux sont au vert pour acheter »Et les prix peuvent, dans certains secteurs, s’envoler, à l’exemple du secteur Jardin des Plantes, « le Graal de la rive gauche ». « On retrouve un effet de mode sur ce quartier avec des maisons en briques et silex. C’est très tendance, avec des prix bien inférieurs à ce qu’on trouve sur la rive droite », abonde Vincent Hubert, négociateur chez Cabinet Leroux. Pour une maison, comptez tout de même autour de 250 000 à 300 000 euros, soit près de 3000 euros du mètre carré.Mais l’augmentation des prix est tout au plus, récente, selon Eric Rungeard, notaire à Deville-lès-Rouen et représentant des notaires de Seine-Maritime : « Les investisseurs sont à l’écoute, car les opportunités pour investir dans l’immobilier neuf sont nombreuses, avec des logements aux normes, que ce soit pour les handicapés, mais aussi sur le volet écologique, de la consommation d’énergie ». Et c’est sans compter sur les avantages fiscaux, garantis notamment par la loi Pinel, selon certains critères. Ce sont autant d’arguments qui séduisent les acheteurs :Les prix un peu plus faibles sur la rive gauche ont clairement généré une envie de faire des projets. Cela a attiré les gens pour acheter et faire des travaux de rénovation, assure Eric Rungeard.Lire aussi : EN IMAGES. Le parc des Bruyères, futur plus grand espace vert de Rouen, poursuit sa métamorphoseÀ l’entendre, « tous les feux sont au vert pour acheter sur la rive gauche ». La nouvelle gare est d’ailleurs un argument de vente, à tel point que « depuis deux à trois ans, on a des clients qui spéculent dessus, près de la Friche Lucien. C’est un quartier qui est amené à se développer si la gare s’implante. Les investisseurs gagneront forcément de l’argent, c’est de la spéculation, mais c’est aussi le jeu de l’immobilier », complète Julie Thierry. Ces investisseurs sont pour l’essentiel, des Français — dont des Parisiens — à la recherche de prix bas et de biens intéressants, contrairement aux Rouennais, « un peu dubitatifs, car ils ont toujours entendu parler du projet de la gare ». Les primo-accédants : le « cœur de cible »« Les différences de prix commencent à s’estomper et le marché de l’immobilier reprend de la vigueur dans l’agglomération de Rouen », constate Eric Rungeard, notaire, particulièrement depuis le déconfinement, avec des prix du mètre carré passant de 2300 à 2700 euros, en à peine quatre mois. Du côté des agents immobiliers comme Julie Thierry, le travail reste à faire pour rassurer les acheteurs locaux, pour qui « la population de la rive gauche ne convient pas » : Il y a un vrai clivage entre la rive gauche et droite. Les Rouennais de la rive droite ont du mal à passer la Seine, mais ça se passe très bien quand cela se fait, assure Julie Thierry.Sur la rive gauche de Rouen, le prix du mètre carré atteint près de 2000 euros. Reste que certains locaux ne souhaitent pas acheter dans le secteur. (©Manon Leterq/76actu)Fatima El Khili, adjointe au maire de Rouen en charge de l’urbanisme et du patrimoine, observe ce marché en gestation. Les prix seraient plus élevés du fait des acquisitions récentes des Parisiens : « On voit ces investisseurs acheter sur la rive droite. On a des prix qui s’envolent, et on a quelques opérations qui sont sorties à 10 000 euros le mètre carré (…) Alors forcément cela a un impact sur la rive gauche notamment pour les jeunes ménages, les primo-accédants ou les investisseurs moins fortunés. »Il faut travailler sur la qualité et arriver à ce que la rive gauche soit au niveau des logements. Il n’y a pas une rive riche et une rive pauvre. Rouen a deux rives et il faut qu’on arrive à faire cette couture entre les deux, argue Fatima El Khili.La priorité selon elle, doit être donnée aux primo-accédants, « le cœur de cible », qui souhaitent s’établir à Rouen durablement, « et pour ça il faut des logements et des espaces publics de qualité ». Cela passera certainement à l’avenir, par des aménagements dans les projets de construction, avec l’installation d’îlots de fraîcheur, d’espaces de verdure partagés au sein des résidences… 

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Source : actu.fr
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