Les taux des crédits immobiliers repartent à la baisse en octobre et battent de nouveaux records

Après une légère remontée en septembre, les taux d'intérêt ont de nouveau diminué sur les prêts immobiliers pour atteindre un nouveau plancher historique. Le taux moyen sur 20 ans s'établit désormais à seulement 1,05%.
 
La remontée des taux n'aura été que très éphémère. Le taux d'intérêt moyen des crédits immobiliers est retombé en octobre à un niveau jamais vu en France, après une brève et légère remontée le mois précédent, montre mardi l'étude mensuelle de l'observatoire Crédit Logement/CSA, qui fait référence sur le sujet. A 1,13% en moyenne toutes durées confondues (contre 1,18% en septembre et 1,17% en août), "les taux des crédits immobiliers ont donc de nouveau reculé en octobre, après s'être stabilisés le mois précédent", résume dans un communiqué l'observatoire Crédit Logement/CSA. Le premier organisme regroupe les principales banques françaises, le second est un institut d'études de marché.
Dans le détail, les taux s'établissent en moyenne à 0,9% sur 15 ans, 1,05% sur 20 ans et 1,32% sur 25 ans. Pour l'accession, ils ressortent à 1,19% en octobre dans le neuf (toutes durées confondues) et à 1,14% dans l'ancien. Des durées proches de leur sommet historique Cette année, les taux des prêts immobiliers, déjà à un niveau très bas, ont enfoncé à de multiples reprises leurs records, répercutant les politiques monétaires historiquement favorables au crédit que mène la Banque centrale européenne (BCE). Ils avaient très légèrement remonté en septembre, mais ce frémissement aura été de courte durée, d'autant que la période de rentrée est généralement favorable à une concurrence accrue entre les banques.
Au-delà des fluctuations ponctuelles, le niveau moyen des taux reste proche de celui de l'inflation, ce qui revient théoriquement à dire qu'il est possible de gagner du pouvoir d'achat en empruntant, même si les chiffres de l'observatoire ne prennent pas en compte des composantes annexes comme l'assurance du prêt, systématiquement demandée.
Et plus les taux baissent, plus les durées d'emprunt s'allongent. A 229 mois, soit un peu plus de 19 ans, le délai moyen a, là encore, rebondi en octobre après une légère atténuation le mois précédent, et est proche de ses records historiques (230 mois en juin dernier). D'ailleurs, 40,2% des prêts à l'accession sont sur 25 ans ou plus et 31% le sont sur 20 à 25 ans. Vers un taux minimum pour éviter la surchauffe ? "A elle seule, cette amélioration des conditions de crédit n'aurait pas permis la réalisation des projets immobiliers d'une large partie de de la demande, si dans le même temps, les établissements bancaires n'avaient pas allégé leurs exigences à l'égard des taux d'apport personnel des emprunteurs", souligne l'observatoire. "Les taux d'apport personnel des emprunteurs sont descendus à des niveaux jamais observés par le passé", pointe également l'étude. Selon les données de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) dans son enquête annuelle "Le financement de l'habitat", le taux d'apport moyen lors de l'octroi d'un crédit immobilier n'a cessé de baisser. Il est passé de 16,6% (si on rapporte le montant des prêts à la valeur des biens financés, hors frais de notaires) en 2013 à 12,7% en 2018, et même à 12,2% à fin mars 2019.
 
Un assouplissement des conditions de crédit qui commence à sérieusement inquiéter les autorités, et en premier lieu le Haut Conseil de stabilité financière (HSCF). Bercy réfléchit d'ailleurs à plusieurs pistes pour éviter la surchauffe, comme un taux d'intérêt minimum à appliquer pour les crédits. Reste que, selon les données des courtiers, si certaines banques ont appliqué les baisses de taux à tous les profils, d'autres établissement se focalisent depuis plusieurs semaines sur la clientèle plus "haut-de-gamme", les meilleurs profils. Ceux qui détiennent de gros revenus et de gros apports personnels... et obtiennent donc les meilleurs taux.

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