Crédit immobilier : bouclez rapidement votre dossier avant le coup de rabot sur le PTZ

Alors que le prêt à taux zéro (PTZ) dans l’immobilier neuf est amené à disparaître au 1er janvier 2020 dans 93% des communes françaises, il ne vous reste que quelques semaines pour bénéficier de cette aide publique. Et pour cause, les banques commencent déjà à refuser un crédit s’il est accompagnée d’un PTZ.   Sera-t-il vraiment supprimé ? Alors que la loi de finances pour 2018 prévoit la disparition l’an prochain du prêt à taux zéro dans les zones détendues, le compte-à-rebours est lancé. Cette aide publique destinée à aider à financièrement les ménages à devenir propriétaire est en l’état, partie pour disparaître dans 93% des communes de France (zone B2 et C) selon les calculs des Constructeurs, Promoteurs et Aménageurs de la Fédération Française du Bâtiment (LCA-FFB). Devant la levée de bouclier, l’entourage du ministère des Comptes publics, Gérald Darmanin, a tout de même affirmé à Capital qu’il comptait “rester ouvert au débat”, comprendre que les députés et sénateurs pourront, à l’occasion des débats sur le budget, discuter du maintien du PTZ. Le ministre de la Cohésion des territoires, Julien Denormandie, s’est d’ailleurs prononcé pour le maintien du dispositif et a annoncé qu’il remettra un rapport aux parlementaires pour les inciter à conserver le PTZ en 2020.
 
En attendant, pour ne prendre aucun risque, mieux vaut finaliser maintenant son dossier pour profiter des (potentielles) dernières heures du prêt à taux zéro. Comme le précise Maël Bernier, porte-parole du courtier Meilleurtaux, certaines banques commencent déjà à refuser des crédits assortis d’un PTZ. Cependant, la plupart tolère encore ce type de financement et, ajoute Sandrine Allonier, porte-parole du courtier Vousfinancer, les dossiers auront du mal à passer à partir de mi-octobre. N’espérez en revanche plus rien après la mi-novembre. ”Globalement si vous n’avez pas encore entamé votre recherche de bien, il est déjà presque trop tard”, ajoute-t-elle. En revanche, si vous avez déjà repéré votre bien, la situation est bien moins désespérée et vous avez encore la possibilité de déposer votre dossier auprès d’un établissement. Le tout est d’obtenir une offre de prêt de la banque, synonyme de proposition de crédit, avant la mi-novembre, comme le confirme également le courtiers Cafpi.
 
Pour avoir plus de chances de faire passer son dossier, il est peut être utile de faire appel à un courtier. Selon Philippe Taboret, directeur adjoint de Cafpi, “le moindre contretemps pourrait être préjudiciable pour les emprunteurs voulant bénéficier d’un PTZ”. Des délais drastiques notamment dus à la complexité administrative des dossiers de prêt à taux zéro.
  PTZ, APL accession… Une érosion des aides d’accès à la propriété Cette suppression du PTZ n’est en réalité qu'une étape supplémentaire de l’érosion des aides aux particuliers. Pour rappel, en 2018, le PTZ pour les logements anciens avait disparu dans les zones dites tendues, c’est-à-dire les grandes métropoles (zone A, Abis et B1). Dans le neuf, il avait été abaissé à 20% maximum du montant de l’opération (contre 40% auparavant) au sein des zones détendues (B2 et C). Avec des conséquences concrètes puisque le nombre de crédits immobiliers assortis de PTZ avait chuté de près de 30% en un an, passant de 123.000 en 2017 à 87.000 en 2018, selon les calculs de la Société de Gestion des Financements et de la Garantie de l'accession Sociale à la propriété (SGFGAS). Les zones détendues ont particulièrement été touchées par ce coup de rabot puisque le volume annuel de PTZ a été amputé de 30.000 dossiers. La réforme de janvier 2020 pourrait donc avoir des conséquences ? Pas tellement, selon Maël Bernier, qui estime qu’au regard des taux actuels, environ 1,3% de moyenne pour un emprunt sur 20 ans, les manques à gagner seront très limités pour les ménages.
 
Pour ne rien arranger, dans le cadre de coupes budgétaires, le gouvernement avait acté, pour début 2019, la suppression des APL accession, une aide financière de 155 euros en moyenne qui permettaient aux ménages modestes de devenir propriétaire. Un collectif réunissant de nombreux professionnels du secteur - représentants de propriétaire, bailleurs sociaux, promoteurs, fédération de construction de maisons individuelles ou encore courtiers - s’est même récemment créé pour réclamer le retour de ces APL.

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Source : www.capital.fr
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