Comment fonctionne le nouveau Plan d’épargne retraite

Déblocage en capital en une seule fois, portabilité… le nouveau produit d’épargne retraite, lancé le 1er octobre, se veut plus attrayant, selon le gouvernement.
 
Ce devait être un lancement en fanfare, après que Bruno Lemaire eut reçu les professionnels de la finance, les représentants d’associations d’épargnants et de consommateurs. Mais, pour cause de deuil national suite à la disparition de Jacques Chirac, le Plan d’épargne retraite (PER) a finalement été mis à l’eau discrètement, lors d’une simple conférence téléphonique du cabinet du ministre avec quelques journalistes.
C’est donc mardi 1er octobre que ce nouveau produit d’épargne retraite prend vie. Quelques réseaux commerciaux ont déjà le pied à l’étrier pour le proposer à leurs clients, même si les vrais lancements se produiront vraisemblablement dans les prochaines semaines. « Le délai a été court pour préparer le produit », regrette un professionnel, car si la loi Pacte, qui le porte sur les fonts baptismaux, a été votée au printemps, les ordonnances et décrets précisant ses caractéristiques ne sont sortis qu’à la fin du mois de juillet.
Le Plan d’épargne retraite vise, selon le ministère, deux objectifs. Tout d’abord, augmenter la part d’épargne investie pour la retraite, jugée trop faible. Actuellement, les différents produits existants (Plan d’épargne retraite populaire ou PERP, contrat de retraite Madelin pour les non-salariés, Plan d’épargne retraite collective dans les entreprises, retraite « article 83 » à cotisations définies pour les cadres) représentent 230 milliards d’encours, à comparer aux 1 765 milliards de l’assurance-vie. Sur ce point, Bercy vise une croissance soutenue grâce au PER, en espérant faire passer le montant de l’épargne retraite à 300 milliards d’euros en 2022. L’objectif paraît ambitieux : en 2018, selon la Fédération française de l’assurance, la collecte du PERP s’est élevée à 1,5 milliard d’euros, celle des contrats Madelin à 2,5 milliards, et les « article 83 » à 2,8 milliards d’euros.
  « Plus de simplicité et plus de flexibilité » L’autre ambition est de permettre un meilleur financement des entreprises par l’épargne française. Avec une durée de détention longue, les gestionnaires devraient pouvoir, grâce au PER, investir plus largement en actions, cotées ou non, en infrastructures et dans les sociétés technologiques en développement.
 
Pour parvenir à ces deux objectifs, Bercy pense avoir trouvé la recette : « Le PER, c’est plus de simplicité et plus de flexibilité ». Si ce nouveau plan se contente de rassembler les différents dispositifs existants en les rebaptisant (le PERP et les contrats Madelin deviennent le « PER individuel », par exemple), il comporte deux nouveautés de taille qui devraient modifier le regard que portent les épargnants sur ces produits. Tout d’abord, il offre le choix, au jour de la retraite, de récupérer l’épargne sous forme d’un capital, en une ou plusieurs fois, alors que jusqu’ici, seule la rente viagère était autorisée. « La sortie obligatoire en rente était un gros frein pour les souscripteurs. Celui-ci est désormais levé », souligne Eric Le Baron, directeur chez Swiss Life. Le produit conservant son avantage fiscal à l’entrée, il présentera désormais deux atouts de poids.
L’autre nouveauté réside dans la portabilité totale de ces dispositifs, qui pourront être transférés librement d’un établissement financier à l’autre. Un salarié quittant son entreprise pourra ainsi disposer librement de son Perco (devenu PER Collectif), par exemple, et soit le transférer dans le plan de son nouvel employeur, soit dans un plan ouvert à titre individuel.

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Source : www.lemonde.fr
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