Immobilier : le palmarès des hausses en province

Nantes, Lyon et Bordeaux sont sur le podium des villes de France ayant le plus fortement progressé ces cinq dernières années. Economie dynamique, pôle universitaire et mutations urbaines constituent leurs dénominateurs communs. Tout bouge et rien ne change ! Dans de nombreuses grandes métropoles françaises, cette année 2019 se déroule toujours sous le signe de  l'augmentation des prix de la pierre . Selon un classement réalisé pour « Les Echos » par le site MeilleursAgents, les trois villes affichant les plus fortes envolées sur cinq ans sont Nantes (+ 28,3 %), Lyon (+ 27,4 %) et Bordeaux (+ 22 %). Ces capitales régionales affichent de nombreux points communs : un secteur économique dynamique drainant des emplois ; une population qui s'étoffe d'année en année ; des travaux d'infrastructures engagés ou terminés ; des pôles de santé et universitaires établis ; enfin des projets d'amélioration du cadre de vie.
Ce cocktail gagnant a des effets bénéfiques générant sur la durée de coquettes plus-values. Grâce à la décrue historique des taux d'intérêt des crédits immobiliers, les rangs des acheteurs sont fournis face à une offre qui reste inchangée. Constaté dans ces trois villes, ce déséquilibre alimente la pression sur les prix.   Nantes s'emballe Les années passent et la capitale des Ducs de Bretagne continue d'avoir le vent en poupe. Elle est appréciée pour sa qualité de vie et sa proximité de la mer. Si Nantes arrive en tête du classement des plus fortes progressions sur cinq ans, la pierre sur dix ans s'est appréciée de 60,2 %. « Depuis deux ans et demi, le marché immobilier s'emballe. Il faut dire que près de 7.500 personnes viennent chaque année s'installer », souligne Laurent Stypers, de l'agence Canclaux Immobilier. Résultat, « la demande s'est accrue sensiblement face à une offre de biens restée la même mais qui paraît aujourd'hui limitée », poursuit Carole Pennanec'h, responsable de l'agence l'Adresse 4 Immo.   Les rangs des candidats acheteurs sont composés de « locaux » qui achètent pour leur résidence principale et pour investir, mais aussi de Parisiens de plus en plus présents. Un agent immobilier raconte qu'un 2-pièces, mis en ligne un soir, a généré le lendemain matin 50 appels en 2 heures ! Il s'est adjugé au prix, sans visite, dès la première offre.
Ce scénario n'a rien d'exceptionnel pour des biens sans défaut, présentés au prix du marché. Près de la place Graslin, un 5-pièces de 145 m2 avec cachet situé au 4e étage sans ascenseur, est parti sans discussion à 500.000 euros. Dans le centre, le mètre carré ancien s'échange en moyenne entre 3.000 et 3.400 euros. Non loin du rond-point de Rennes, une maison de 118 m2 s'est vendue 583.000 euros avec deux offres au prix affiché.   Lyon confirme Dans la capitale des Gaules, le marché de la pierre n'en finit pas de grimper. Depuis janvier, les prix se sont déjà appréciés de 5,7 %. Sur cinq et dix ans, les hausses ont été respectivement de 27,4 % et 62 %. Lyon continue d'attirer pour son dynamisme économique, son bassin d'emplois important et ses écoles réputées. « Nos stocks de biens à vendre sont au plus bas. On fonctionne à flux tendu. Dès qu'un bien rentre dans notre portefeuille, il part en quelques jours, parfois même en quelques heures », reconnaît Pierre-Henri Czaplinski, de l'agence Dabreteau.
Les biens situés à de bonnes adresses trouvent rapidement preneur. Dans le 6e, le mètre carré se monnaie autour de 5.000 euros. Rue des Charmettes, un 2-pièces de 34 m2 avec travaux, situé au premier étage d'un immeuble ancien sans cachet, a trouvé preneur en deux jours à 197.000 euros. Dans le triangle d'or de cet arrondissement formé par la rue Duquesne, l'avenue de Grande-Bretagne et le boulevard des Belges, les prix évoluent autour de 8.000 euros et atteignent parfois 10.000 euros pour de rares hôtels particuliers.   Bordeaux reprend son souffle Après plusieurs années de folie sur les prix, Bordeaux reprend son souffle en 2019. Désormais stables, les valeurs restent élevées dans un marché dynamique. Selon le site du courtier Meilleurtaux, le pouvoir d'achat immobilier dans la capitale girondine permet d'acheter un 45 m2 avec une mensualité de 1.000 euros sur vingt ans au taux de 1 % hors assurance.
« Compte tenu du haut niveau des prix, ceux qui cherchent à acheter sont exigeants et regardants. Dès qu'un bien est proposé au-dessus du prix de marché ou dispose de quelques défauts, il ne se vend pas tout de suite ou génère des offres offensives », commente Guillaume Rachel, de l'agence Laforêt.
Les délais de vente sont toujours aussi rapides. « Il est fréquent que des biens sans défaut, situés dans des quartiers cotés, trouvent preneur en une journée », reconnaît François Bibes de l'agence Century 21 Talent Immobilier. Témoin, ce loft de 132 m2 situé dans le quartier des Chartrons. Doté d'une terrasse de 20 m2, il a changé de mains en 24 heures à 619.000 euros. « Les biens typiques bordelais, à savoir les maisons de pierre et les traditionnelles échoppes sont toujours aussi rares, nécessitant un budget d'au moins 500.000 euros », précise Joachim Bernard, responsable des transactions au Cabinet Girondin

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