Le nombre de prêts à taux zéro accordés a fondu de près de 30% sur un an

En 2018, le dispositif a été reconduit mais recentré. Le résultat ne s'est pas fait attendre : 30% de PTZ en moins ont été accordés et les primo-accédants sont les premières victimes.
 
Les premiers chiffres confirment ce qui était attendu. Le recentrage du prêt à taux zéro (PTZ), un prêt aidé par l'Etat qui permet de ne pas verser d'intérêt, a logiquement fait baisser le nombre de bénéficiaires. En 2017, 123.477 prêts de ce type avaient été accordés. En 2018, ce chiffre devrait tomber autour de 90.000. Soit une baisse de 27% sur un an. Il s'agit ici des dernières estimations, relayées par le courtier Vousfinancer, de la Société de gestion des financements et de la garantie de l'accession sociale à la propriété (la SGFGAS, qui compte notamment pour actionnaires la Société Générale, BNP Paribas, Crédit Agricole ou encore BPCE, et au conseil d'administration duquel on retrouve plusieurs représentants de l'Etat).
Pour rappel, en 2018, le PTZ avait été reconduit pour quatre ans. Dans le neuf, il a été recentré depuis le 1er janvier 2018. Dans les zones tendues (zones A, A bis et B1), les montants débloqués via un PTZ peuvent encore financer jusqu'à 40 % de l’opération, quand dans les zones moins tendues (B2 et C) ce plafond avait été abaissé à 20%. A partir de janvier 2020 cependant, sauf changement, les zones les moins tendues (B2 et C) ne devraient plus être éligibles au PTZ. Mais sur ce point, il y a débat au sein de la majorité.
Dans l’ancien, sous conditions de travaux, le dispositif a été recentré sur les zones B2 et C avec le maintien d’une quotité de financement de 40%. Les zones dites tendues (A, A bis et B1) n’y sont plus éligibles. "Un dispositif efficace est menacé" "En 2019, la baisse devrait se poursuivre, le gouvernement prévoyant l'octroi de 88.200 PTZ", précise le courtier.
Et ce dernier constate que ce sont les ménages modestes et les primo-accédants qui sont les premiers pénalisés par ce recentrage du dispositif. "Avec la suppression des APL accession, le recentrage du PTZ a également pénalisé les primo-accédants et les ménages modestes qui voient qu’encore une fois, un dispositif efficace est menacé… Nous attendons de savoir s’il sera maintenu au-delà de 2019 dans le neuf en zone détendue. C’est un enjeu pour les futurs propriétaires, mais aussi et bien sûr pour les constructeurs de maisons individuelles impactés par le recentrage du dispositif", déplore Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer.
Le courtier en veut pour preuve les chiffres de son propre réseau. En 2018, le nombre de dossiers de crédit avec un PTZ a baissé de 32% toutes opérations confondues. Dans le neuf, la baissé atteint 35% contre 21% dans l'ancien. "Cela montre que le fait de limiter la quotité de financement à 20% du montant de l'opération en zones détendues a davantage pénalisé les primo-accédants que sa suppression dans l'ancien dans les zones tendues. C'est le secteur de la construction dans les zones les moins tendues qui a le plus pâti de ce recentrage", analyse Sandrine Allonier. Baisse des montants Toujours au sein du réseau Vousfinancer, les PTZ dans le neuf n'ont représenté que 69% des prêts à taux zéro en 2018 contre 75% en 2017. "Les maisons n'ont représenté que 50% des PTZ l'an dernier, contre 61% en 2017, confirmant là encore l'impact de la baisse du PTZ en zone B2 et C", affirme le courtier.
Les montants sont également en baisse. Ainsi, le montant des prêts accordés via le courtier a diminué de 10% à 55.735 euros. "Le recul est plus marqué dans le neuf (- 6.111 euros, contre -3.967 euros dans l'ancien, NDLR). Dans l’ancien les montants moyens des PTZ ont logiquement diminué également, car le dispositif n’existe plus en zone tendues, là où les prix étaient les plus élevés", conclut le courtier.

Lire la suite sur scoop.it
Mentions légales Confidentialité