Blanchiment : les agents immobiliers sommés de se montrer plus coopératifs

Lorsqu’il est question de travailleurs détachés, le secteur du BTP n’est souvent pas loin. Idem avec l’immobilier lorsqu’est évoqué le blanchiment d’argent. Bercy veut désormais «mobiliser» les agences immobilières sur la question. Dit de manière moins politiquement correcte, les professionnels ont intérêt à être plus coopératifs, s’ils ne veulent pas être sanctionnés.
 
Tracfin, la cellule de Bercy chargée notamment de lutter contre le blanchiment d’argent réclame de meilleurs résultats à ces «élèves» que son directeur juge «moyens». «Les agents immobiliers, qui sont au cœur du réacteur, sont un peu passifs», lâche Bruno Dalles, directeur de Tracfin, cité par Le Parisien-Aujourd’hui-en-France. Parmi les régions visées, la Corse, la Côte d’Azur ou encore l’Outre-mer comme la Saint-Martin, la Guyane, la Guadeloupe ou la Martinique. Il y a près de trois ans, un rapport de la Commission nationale des sanctions pointait déjà du doigt des «négligences» de la part d’une trentaine d’agences immobilièresmais également «l’ignorance complète par un grand nombre d’entreprises» de leurs obligations.
Concrètement, en cas de suspicion, les agents immobiliers sont tenus de faire remonter une «déclaration de soupçon» à Tracfin. Or, en 2017, sur les 70.000 déclarations de soupçon qu’elle a reçues, seules 78 émaneraient des agents immobiliers. La cellule de Bercy a listé plusieurs cas de figure qui doivent leur mettre la puce à l’oreille: le client n’est pas physiquement présent, son représentant refuse de décliner l’identité de l’acheteur, l’acquéreur réside dans un paradis fiscal, la personne est connue pour plusieurs infractions financières et économiques, l’acheteur propose de payer tout ou partie de la somme en espèces ou encore le montage financier est opaque ou complexe. «On ne leur demande pas non plus de faire une enquête de police, précise Bruno Dalles. Ils peuvent aller sur Google pour vérifier l’identité du client.»
 
Lire la suite...

Lire la suite sur scoop.it
Mentions légales Confidentialité